INTERVIEW DE NOEMIE MEIJER, DECORATRICE D’INTERIEUR

By 3 février 2018INTERVIEWS
décoration

Rencontre avec Noémie Meijer

Noémie Meijer c’est la fondatrice du blog Pierre Papier Ciseaux, vous la connaissez ? Elle partage sa passion pour la décoration, les DIY mais aussi ses inspirations. En bref, le blog d’une incorrigible bricoleuse, comme elle le dit elle même.

C’est en direct de Bruxelles, où elle vit depuis 11 ans, que Noemie a répondu à nos questions. Cette entrepreneure pleine d’idées n’a pas toujours été décoratrice d’intérieur, ni entrepreneure d’ailleurs et c’est bien pour ça que j’ai eu envie d’en savoir plus.

Alors c’est parti, elle ouvre le bal des interviews de femmes inspirantes !

noemie meijer

Peux-tu te présenter ? 

Je suis Noémie, jeune décoratrice d’intérieur de tout juste 30 ans -on peut encore dire ‘jeune’ à 30 ans ? Oui, on peut encore dire ‘jeune’ à 30 ans !- Je vis actuellement à Bruxelles, depuis 11 ans, mais je suis française d’origine. J’ai vécu mon enfance en Bretagne, et mon adolescence à New York !

 

 

salonQuel a été le déclic pour te lancer dans la reconversion et devenir décoratrice d’intérieur ?

C’est en achetant notre premier appartement que j’ai mis le doigt dessus. J’ai adoré bricoler et aménager notre duplex, repenser toute la déco et partir de zéro. J’ai toujours été créative et attirée par l’art, mais là j’ai réellement commencé à m’intéresser aux marques de mobilier, aux matières, aux couleurs, à l’histoire du design,… J’ai lu des tonnes de bouquins, feuilleté des piles de magazines, exploré des centaines de sites et vadrouillé dans tous les magasins déco que je croisais sur mon chemin.

Au début, j’ai décidé de suivre des cours de déco comme d’autres s’inscrivent à des cours de danse ou de yoga : une activité sympa à faire à côté du boulot. Mais j’ai vite trouvé ça limité et pas assez approfondi : j’ai donc orienté mes recherches vers des formations professionnalisantes, et c’est là que j’ai réalisé que si je voulais, je pouvais changer de métier. Même à seulement 25 ans. On nous formate à faire des études, être diplômé, avoir un poste valorisé dans un secteur grandissant, mais au final, on en oublie peut-être le principal : exercer un métier que l’on aime et qui nous fait nous lever le matin avec le sourire aux lèvres et l’excitation d’aller travailler.

La déco est un milieu complètement bouché, l’offre est bien supérieure à la demande et la concurrence fait rage -et pas toujours de manière sympathique-, l’entreprenariat est un monde solitaire et sans pitié, mais je n’ai jamais été aussi heureuse et épanouie !

 

Combien de temps à duré ta formation ? Et comment l’as-tu choisi ?

J’ai choisi de suivre une formation en cours du soir, pour pouvoir continuer à exercer mon activité professionnelle à côté -je travaillais dans le marketing-. J’ai mis du temps à la choisir car je voulais être certaine de ne pas regretter, de faire le bon choix -quand on se lance dans des secondes études, on n’a plus vraiment de temps à perdre !- J’ai choisi une école qui mêlait le théorique au pratique, avec des cours concrets et un diplôme reconnu. La formation était en 3 ans, 3 soirs par semaine pendant 3h30 : un sacré engagement, et pas mal de sacrifices mais quand on sait pourquoi on le fait, la décision est facile à prendre.

interviewComment as-tu vécu ta reconversion ? 

Je n’ai jamais douté un seul instant. J’étais -et je suis toujours !-  tellement passionnée, que même dans les moments difficiles (car il y en a, c’est certain), je gardais en tête ce pour quoi je faisais tout ça : pouvoir avoir la perspective de faire un métier que j’aime réellement et qui me passionne.

Avec le recul, je peux témoigner que c’était épuisant : ces horaires tardifs, combinés à une journée entière dans un boulot qui nous intéresse de moins en moins, et une vie sociale déjà bien remplie. La troisième année a clairement été la plus difficile, mais tous les soirs je me répétais que ç’aurait été trop dommage d’abandonner dans la dernière ligne droite… Et puis chaque soir, en rentrant des cours, je chantais à tue-tête dans ma voiture : ça, chez moi c’est signe d’une bonne journée ☺ j’étais de plus en plus déterminée !

 

Tu dis que tu es « control-freak de l’organisation », ça t’a aidé pour ta reconversion ?

Je pense que oui. C’est à la fois un défaut et une qualité, mais très clairement dans ma vie pro c’est un plus. Surtout pour pouvoir jongler entre mon métier ‘de jour’ et mes études ‘du soir’.

 

Temps plein + cours du soir + blog, que retiens-tu de cette folle période ?

Beaucoup de fatigue ☺ Et des sacrifices dans ma vie perso -même si j’ai la chance d’avoir des amis suffisamment patients pour attendre 22h avant de dîner, en pleine semaine . Mais aussi beaucoup de passion, et c’est bien ça qui m’a fait tenir le coup !

 

décorationTu n’as jamais eu envie d’abandonner un des trois ?

Plus le temps passait, plus j’avais hâte d’abandonner mon job à temps plein -dans le marketing- pour me consacrer entièrement à la déco et au blog. Donc heureusement, c’était dans le bon sens !

Et comme je le disais plus haut, la dernière année de cours du soir a été particulièrement dure, j’ai vécu des périodes difficiles au boulot, je manquais de temps et j’étais arrivée à bout de mon énergie, l’idée d’abandonner m’a traversé l’esprit mais était tout de suite refoulée par la perspective d’être bientôt arrivée au bout.

Et ce sentiment de fierté et de soulagement quand j’ai remis mon mémoire à la fin de ces 3 années (j’ai chanté ‘libérée-délivrée’ à tous mes amis pendant 1 mois) : rien que ça, ça en valait la peine !

 

Sur ton blog, on retrouve ta passion pour les DIY et la déco, mais aussi pour les voyages. Pourquoi Bruxelles ?

Je suis venue m’installer à Bruxelles pour y suivre mes études en marketing, ma première carrière. L’école était super, et l’ambiance bien différente des écoles parisiennes hyper concurrentielles. Je pensais revenir en France après mon master en poche, mais j’ai rencontré mon mari ☺

 

Bientôt Singapour ? Pour les vacances ou pour y vivre ?

J’ai vécu 3 ans à New York, pour suivre mon père qui était expatrié là-bas pour son travail. Depuis, je rêve de m’expatrier à mon tour, de vivre à nouveau cette expérience à l’étranger et de la faire vivre à ma famille. Mon mari et moi avons été séduits par Singapour lors d’un voyage, ce serait donc un rêve de partir vivre là-bas (on aime les grandes villes hyper vivantes et multi-culturelles !). Maintenant, à savoir si ça se fera cet été, dans 5 ans, à Singapour, à Rome ou à Copenhague : seul l’avenir nous le dira ☺

 

décorationAujourd’hui, tu es entrepreneure et blogueuse, qu’est-ce que ça a changé dans ta vie ?

-Presque- tout ! En tous cas, ça a changé mon quotidien, ma confiance en moi, mes responsabilités, et mon équilibre.

J’ai la chance d’avoir pu développer plusieurs activités entre le blog et la déco, je jongle donc de l’une à l’autre et ça me dé-stresse un peu, d’avoir plusieurs cartes sur la table.

Ça a aussi été un gros changement pour mon mari et moi, dans notre rythme de vie : on a été ‘formaté’ à travailler en entreprise en tant que salarié, j’apprends donc sur le tas la vie d’entrepreneur -on en discute et il me conseille tous les jours, c’est un peu mon coach ! , et le blog aussi, je ne me doutais absolument pas de l’ampleur que ça allait prendre quand je me suis lancée dans cette aventure il y a 2 ans.

C’est donc une perpétuelle recherche d’équilibre, mais avec tellement de satisfaction et d’épanouissement à la clé !

 

J’écoute beaucoup de podcasts qui parlent d’entrepreneurs et j’ai remarqué que beaucoup disent avoir eu du mal à se sentir légitimes et à évaluer un prix juste pour leur service/produit. Est-ce-que tu t’es sentie légitime tout de suite en tant que décoratrice d’intérieur ? Est-ce que ça t’est arrivé de sous-estimer ton travail financièrement ?

Ohlala non, je ne me suis absolument pas sentie légitime au départ. Fixer ses tarifs, c’est bien la chose la plus difficile que j’ai eu à faire. Surtout car il s’agit d’un service que j’aime tellement prester, auquel moi-même je ne ferai jamais appel car j’aime bien trop le faire par moi-même. Ça m’a pris des mois à établir ma grille tarifaire -et je la fais parfois évoluer encore maintenant, après certains projets, en fonction de l’expérience-, à revoir mes coûts en fonction du minimum de survie, des prix du marché, de la concurrence,… Et j’en ai fait, des projets où j’étais clairement perdante financièrement, car j’avais sous-estimé mon travail ou le temps à y consacrer. Mais c’est grâce à ces projets-là qu’on apprend. On apprend à s’évaluer, à s’estimer. Et avec le recul, je pense que c’est une étape indispensable pour devenir entrepreneure, pour connaître la réelle valeur des produits/services que l’on vend.

 

interviewQuels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui veut se reconvertir mais qui ne sait pas par où commencer ?
Quelques conseils pour une future entrepreneure ? 

Être passionné : si on le fait pour l’argent, pour la gloire, parce que les autres le font, parce qu’on s’ennuie, parce qu’on ne sait pas quoi faire d’autre, ou que sais-je encore : on va droit dans le mur. Et on n’aura pas les armes nécessaires dans les moments difficiles.

Pour le long chemin de la reconversion, l’autre conseil c’est d’être bien entouré : avoir des amis, de la famille, un conjoint qui comprennent nos choix et nous soutiennent dans ceux-ci, qui seront là dans les moments difficiles pour nous rebooster et surtout pas pour nous dire « je te l’avais dit ».

Ensuite, une fois entrepreneure, ma règle d’or c’est d’observer : ce que fait la concurrence, mais aussi -et surtout- s’observer soi-même : qu’est-ce qu’on aime dans une prestation de service ? Comment aime-t-on être reçu ? À quels moments préfère-t-on être contacté ? Quelles techniques marketing apprécie-t-on, et quelles sont celles qui au contraire nous font fuir ? C’est en observant mes propres réactions aux activités des autres -peu importe le domaine- que j’ai appris à cibler mes critères, mes exigences, mes objectifs, mes idées de développement.

Mais vraiment, avant toute chose : faire les choses par passion. On ne peut -presque- pas se tromper quand on fait les choses avec autant d’amour !

 

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Et sur son blog Pierre Papier Ciseaux 

Photos by Noémie Meijer

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