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ENTREPRENDRE,  MANAGER

ENTREPRISE LIBEREE : ON TENTE OU PAS ?

Entreprise libérée et le self-management

J’entends énormément parlé ces temps-ci d’entreprises libérées et de self management. J’avais envie d’écrire dessus, de poser mes idées et mon avis sur le sujet. Alors je sais, ça ne va pas intéresser tout le monde mais je sais aussi qu’il y a des entrepreneurs et de futurs entrepreneurs qui nous suivent ici alors c’est une idée qui vaut la peine d’être exploré. Mais vous vous demandez peut-être ce qu’il se cache derrière l’entreprise libérée ?

 

Le concept ?

C’est Isaac Getz, professeur à l’ESCP Europe qui a popularisé le terme « d’entreprise libérée » en 2009. Pour faire simple, le modèle de l’entreprise libérée adopte un style managérial horizontal. En gros, il n’y a pas de chef -what ?- Le self-management permet à chacun de prendre des décisions mais aussi de prendre ses responsabilités. Moins de contrôle pour des salariés plus « libérés ».

Il y a bien sûr de nombreuses facettes et de nombreuses façons de l’appliquer. Tout ce qui compte est de mettre le salarié au centre de tout. Ce sont les salariés qui dirigent l’entreprise au même titre que les anciens dirigeants. Mais ici, on parle de leader libérateur.

Il est impossible de donner une définition claire de ce concept puisqu’il n’y a pas de recette. A chaque entreprise, son modèle. A chaque salarié, son envie et son investissement.

 

Mais qui fait ça ?

De plus en plus d’entreprises et dans des secteurs très différents. On ne peux pas dire que ce soit une révolution qui s’opère ni une vague de self management mais il y a une transformation en marche dans certaines entreprises comme Poult -une grande biscuiterie- ou 1001pharmacies.com -parapharmacie sur internet-

Comme tout modèle, il est adaptable à toutes les formes d’entreprises. Cela ne veut pas dire qu’il est fait pour tout le monde. Dans une interview, Sabine Safi, cofondatrice de 1001pharmacies.com, nous explique que ce concept -comme tous- a des bons et des mauvais côtés dans l’application. Elle nous dit aussi douter de la mise en place de ce modèle dans les startups à leurs débuts.

 

Alors faut-il oser innover en management ?

Je ne suis pas experte sur le sujet et cet article sera sûrement amené à évoluer au fil de mes lectures mais vous savez que que le management est un sujet qui me passionne. Certainement parce que je l’ai pratiqué et que je le pratiquerais encore à l’avenir j’en suis sûre. Pour moi, travailler en équipe est une évidence et je n’ai jamais vu quelqu’un s’investir plus que quand on lui donne le choix, les responsabilités et la possibilité de mener à bien ses idées.

Alors oui, il faut innover en matière de management et je dirais même que c’est essentiel. Aujourd’hui on ne peut plus continuer à manager de manière classique, avec des ordres et des requêtes en tous genres.

La preuve en est que de plus en plus de personnes souhaitent travailler en tant qu’indépendant pour être libres. Alors, je vous l’accorde -avant que les free-lances me jettent des cailloux- le statut d’indépendant n’est pas faite pour tout le monde. Mais le besoin d’indépendance par contre…

Moi, par exemple, je crois que travailler seul en tant que freelance n’est pas fait pour moi mais j’ai besoin de liberté au travail, ça c’est sûr. Besoin de pouvoir prendre des initiatives, être libre d’exprimer mes idées et pouvoir les mettre en place. Je serais certainement chef d’entreprise d’ailleurs pour répondre à mon besoin de liberté mais je ne serais pas freelance en solitaire ça c’est certain.

 

Entreprise libérée : est-ce fait pour moi ?

Je pense avoir laissé beaucoup de liberté à mes équipes. J’aime les voir grandir et, pour moi, c’est la meilleure façon de le faire. La liberté de suivre ses idées. Mais je ne pense pas être allée assez loin dans ce concept pour dire si je serais à l’aise avec le self-management.

Par contre, je pense que j’essayerais. Bon, encore faut-il convaincre Nath 😉 Mais il est clair que j’aime travailler avec des personnes de qualité ayant énormément d’idées. Je pense que pour qu’elles se sentent bien dans l’entreprise et libres de créer, le self-management est une option à envisager.

L’entreprise libérée est pour moi le concept le plus poussé du travail en équipe. Tout le monde travaille ensemble, du fondateur au stagiaire. Alors bien sûr, certaines personnalités sortent du lot. Il y a en quelques sortes des team leaders qui sont là pour stimuler l’équipe. Ils prennent ce rôle et les responsabilités sans le titre qui va avec. C’est en ça que c’est intéressant.

Sabine Safi a dit quelque chose lors de son interview qui m’a interpellé. Elle décrit avoir fait un changement managérial radical dans son entreprise -elle le déconseille d’ailleurs- et elle explique qu’elle a vu certains membres de son équipe prendre en main des dossiers qui stagnaient et les débloquer rapidement. Ces collaborateurs, pour la plupart, intervenaient sur des dossiers qui n’avaient pas de rapport avec leurs compétences sur le papier au départ. Mais, dans l’entreprise libérée, rien empêche les collaborateurs d’exprimer leurs idées, peu importe la thématique.

C’est ce qui prouve que cette philosophie managériale est basée sur le développement des compétences et sur la révélation des talents de chaque personne travaillant dans l’entreprise. Chacun doit pouvoir trouver sa place seul et doit avoir ce sentiment de travailler pour sa propre entreprise.

J’ai eu ce sentiment à deux reprises dans ma carrière. L’impression de travailler pour ma propre entreprise et avec la confiance la plus totale de ma boss. Alors oui je pense que je pourrais essayer ce modèle. Je n’irais peut-être pas jusqu’à l’auto fixation des salaires -oui oui, certaines entreprises vont jusqu’à laisser chaque salarié décider de son salaire-, mais la liberté totale d’action m’intéresse. Encore faut-il arriver à accorder une confiance entière à chaque collaborateur lorsque c’est sa société…

 

Où en apprendre davantage ?

Un podcast : l’interview de Sabine Safi sur 1001 startups

Des livres : Liberté et compagnie d’Isaac Getz

La vérité sur ce qui nous motive de Daniel H-Pink

Des articles : Qui sont les entreprises libérées en France de Céline Chaudeau

« Parfois le succès de l’entreprise libérée me semble très inquiétant » confie Isaac Getz de Christophe Bys

 

Et vous ?

Et vous alors ? Qu’en pensez-vous ? Et si vous deveniez manager, seriez-vous prêts à essayer ? 

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19 Comments

    • Nathlisa

      A voir… c’est vraiment à creuser. Je pense que du coup le recrutement est au centre de tout pour former une équipe complémentaire. Mais la plupart des entreprises qui ont mis en place ce concept l’ont fait alors que leur société était déjà en place. C’est vraiment à creuser

  • Marlène

    Ces initiatives sont intéressantes à mes yeux dans le sens où elles permettent de reposer des questions importantes : qu’est-ce que le management, comment obtient-on l’investissement des gens dans les décisions prises et comment les aide-t-on à donner du sens à leur travail…

    Et en même temps, je vois tellement de dérives possibles dans ce concept qu’il ne m’attire pas plus que ça : donner du sens à son travail, oui ; mais comment s’assurer qu’il y ait un bon équilibre entre l’investissement fourni par le salarié et le « retour » ? J’ai vu tellement de gens tout donner pour leur travail sans forcément avoir la rémunération ou la reconnaissance qui suivent…

    Les dynamiques humaines sont complexes : par exemple, imaginons que n’importe qui puisse prendre la main sur un « dossier qui traîne »… ça peut être très dévalorisant pour une personne qui se retrouve dépossédée de son travail, il peut y avoir des gens qui en profitent pour se rendre indispensables au détriment de quelqu’un qui est peut-être très sérieux mais qui n’a pas la possibilité de s’impliquer autant parce qu’il a un enfant, un long temps de transports, etc.

    En revanche, j’aime bien l’idée d’essayer de trouver à chacun la place où il pourra exprimer sa voix, sa créativité…

    • Nathlisa

      Effectivement, il y a de nombreuses questions à se poser. Il y a beaucoup d’exemples sur le sujet et toutes les entreprises n’utilisent pas le même « cadre » au départ. Parce que oui il y a forcément un cadre au départ. Je pense qu’il faut laisser plus de liberté aux gens mais à savoir quelle est la meilleure méthode, ça je ne sais pas.

  • Claire

    Ce concept me semble vraiment pertinent à l’heure actuelle où comme tu le dis très bien, tout le monde souhaite être indépendant et libre (normal en un sens !) Mais pas forcément freelance ! De plus, j’adore la fluidité qu’engendre ce système, on se prend moins la tête avec les rôles et les étiquettes, si l’ambiance eSt bonne, on peut réellement avancer plus vite et travailler dans une atmosphère vraiment stimulante. Par contre cela suppose d’être une équipe mâture, responsable, où il n’y aura pas de jalousie, des personnalités différentes mais autonomes, qui se complètent et qui n’écrasent pas les autres… il faut donc avoir une vision globale, et demander à ses salariés d’être visionnaires,je pense que c’est possible mais tout le monde n’est peut être pas aussi « libéré » au niveau de sa conscience que ça. Pour une entreprise libérée il faut nécessairement des salariés libérés et qui souhaitent sincèrement continuer dans ce sens. Je vois tellement les reproches essaimer « oui mais on sait pas qui fait quoi alors on est perdu » « il nous faut un cadre, des limites… ». J’aimerais connaître des exemples concrets d’entreprises libérées, ça me fait totalement rêver ! Et je crois vraiment que c’est l’avenir… j’ai juste l’impression que notre société et surtout notre école ne sont tellement pas libérées que pour travailler dans ce genre d’entreprises, il faut soit avoir vécu à l’étranger ou être extrêmement conscient et extrêmement dans le désir de changer de système global. Si on pouvait adopter quelque peu ce système à l’école (c’est un peu l’idée de Montessori, l’élève va vers les activités qui lui plaisent, développant alors lez compétences qui l’attirent, le prof est un guide avant tout) on pourrait alors former des gens plus aptes à s’adapter facilement, aux compétences diverses et parfois « surprenantes ». On a trop tendance dans notre système scolaire à vouloir former des êtres complets : de complets scientifiques, de complets littéraires… mais ça ne fonctionne plus… c’est un autre débat mais c’est passionnant aussi. Merci encore pour cette découverte ! J’espère voir plus d’entreprises libérées fleurir à l’avenir !

    • Nathlisa

      C’est exactement ça, l’idée de l’école Montessori est très proche. Ici, ce sont les managers et les leaders qui deviennent les guident. C’est une façon de libérer les compétences des gens. C’est une façon de sortir du cadre que nous a imposé nos études. On a appris un métier mais rien ne empêche d’avoir des idées, de bonnes idées, dans un autre domaine. Parce que justement on a une vision claire et neuve des choses sans idées préconçues.
      Je pense que c’est une bonne manière de libérer les gens, de leur permettre d’être autonomes et de changer de métiers dans leur vie plus facilement.
      Si tu veux te renseigner, fouines sur internet il y a plein de choses dessus. Dont beaucoup d’infos sur la France et les entreprises qui le pratique.

  • Nadia

    C’est super intéressant et à mon sens beaucoup plus motivant pour tout le monde, mais un truc m’intrigue, l’histoire du « certaines entreprises vont jusqu’à laisser chaque salarié décider de son salaire ». Je me demande comment c’est gérable, je suis très curieuse, est-ce que tu as des liens à consulter sur ce sujet précis ou plus d’infos ?

    • Nathlisa

      Je crois que dans le podcast de Génération XX avec Julie Basch la fondatrice de Too Good To Go elle donne le nom d’une entreprise qui utilise cette pratique.

  • Ev.

    Je ne connaissais pas du tout ce concept. Ton article est très intéressant et le concept en lui-même également. Étant en école de commerce cela me servira sûrement, je vais de ce pas écouter le podcast!

    Bonne journée,
    Ev.

  • Lauriane MakeItNow.fr

    Un concept très intéressant. Je vais aller écouter le podcast aussi. Je trouve l’idée intéressant. Le concept n’est surement pas toujours si facile a mettre en place, mais je suis persuadée que la production finale de ce travail en équipe doit être vraiment différente.
    Merci pour ce partage

    • Nathlisa

      Oui ça c’est sûr, ça ne doit pas être facile à mettre en place. Moi je vais me plonger dans d’autres lectures, j’ai tellement envie d’en savoir plus !

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