BURNOUT : 7 MOIS PLUS TARD

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Burnout : où j’en suis aujourd’hui ?

Il y a 7 mois, j’ai craqué. Je ne peux pas vous le dire autrement. Je vous le raconte d’ailleurs ici. A l’époque, j’avais choisi de vous donner quelques conseils pour éviter d’arriver au burnout. Mais aujourd’hui, je ne suis pas là pour ça, mais plutôt pour vous dire où j’en suis.

7 mois déjà, 7 mois que j’ai tout lâché et que mon corps a décidé de me stopper net. Ces mois sont passés tellement vite et tellement lentement en même temps. Je ne sais pas comment vous l’expliquer. J’ai trouvé le temps long, j’ai eu du mal à accepter ce qui m’arrivait et encore plus de mal à me reposer, à ne rien faire. Pourtant, aujourd’hui, je suis surprise que cela fasse déjà 7 mois.

 

Petit flashback

Pour celles et ceux qui ne nous suivent pas ; je suis Lisa et j’ai perdu le contrôle en juin 2017. Après des années à travailler dans le commerce de détail, à gérer l’urgence que demande ce milieu, j’ai décidé de tout arrêter. Début 2017, j’ai obtenu le poste que je désirais depuis longtemps. Je crois qu’à ce moment là, j’étais déjà épuisée. Le nouveau challenge, la pression et la masse de choses à apprendre pour ce nouveau poste a clairement été trop gros pour moi.

Je m’en rendais compte bien sûr ; mais c’est surtout mon corps qui m’a stoppé. Moi qui était capable de bosser 60 à 70h par semaine, de ne pas prendre de jour de congé, d’être en déplacements tout le temps… je n’étais même plus capable de me lever.

La surprise passée, la question de continuer ou non mon métier est rapidement venue sur le tapis. Autant vous le dire, directrice régionale ce n’est pas quelque chose qu’on fait à moitié. Et puis je suis plutôt du genre passionné donc je ne sais pas faire les choses à moitié. Je savais qu’il fallait que j’écoute mon corps avant tout, mais quelques questions plus loin, je me suis rendu compte que ce poste ne comblait pas du tout mes attentes. Peut-être l’avais-je trop idéalisé ? Sûrement ! En attendant, je savais qu’il était temps que je fasse autre chose.

J’ai donc négocié mon départ très rapidement et je me suis retrouvée chez moi, sans emploi le 1er juillet 2017.

 

7 mois en émotions

Je suis passée par tellement de hauts et de bas. J’ai dormi tellement d’heuressssss. Je me suis posée 10 000 questions et surtout j’ai traversé une avalanche d’émotions.

  • La culpabilité de ne rien faire, d’être au chômage, de ne pas savoir quoi faire de sa vie ou encore d’avoir des idées mais d’être incapable de se lever le matin.
  • Il y a aussi la honte. C’est honteux de dire qu’on est au chômage. C’est honteux de dire qu’on a craqué.
  • La peur aussi. Peur de ne jamais retrouver la personne qu’on était avant. Peur de ne jamais plus avoir l’énergie de créer quoi que ce soit ou de supporter le moindre stress.

J’étais faible physiquement mais ce qui me préoccupé le plus, c’est de me trouver faible mentalement.

  • J’étais triste, je pleurais tout le temps. Parfois pour un rien. Souvent d’épuisement.
  • J’étais démesurément heureuse lorsque j’avais un regain d’énergie. Cela me poussait à tenter quelque chose. Le sport par exemple. Mais c’était trop tôt, je n’y arrivais pas.
  • Alors j’étais déçue. Je me décevais moi-même.

Puis, un jour, on y arrive.

Ma chance a été d’arrêter tout de suite. Je n’ai pas forcé, je me suis fait confiance sur ce coup là et j’ai eu raison. Je n’ai pas été diagnostiquée en burnout par le médecin que j’ai vu. En même temps, on en se connaissait pas, c’était le seul disponible le jour où j’en avais besoin. Même s’il n’a pas prononcé ce mot maléfique « burnout », j’ai su en sortant de son cabinet que ça allait être long. Il avait l’air de ne pas savoir, « on va faire une prise de sang » m’a-t-il dit.

 

Réapprendre

 

Ma chance a été d’arrêter tout de suite j’en suis convaincue. Et aujourd’hui, je me sens mieux, tellement mieux ! J’ai retrouvé ma forme physique, mon esprit vif et mon goût du challenge. Je me sens prête à relever de nouveaux défis ! Et c’est d’ailleurs pour ça qu’on se lance dans la folle aventure de l’entreprenariat.

Après, bien sûr, tout ne va pas toujours bien. Comme tout le monde vous allez me dire. Et bien je ne sais pas. En fait, depuis cette période compliquée je suis bien incapable de contrôler mes émotions. Alors certes, je suis hypersensible -je l’ai découvert il y a peu en lisant un article sur le blog d’Elodie- mais professionnellement j’ai toujours su gérer mes émotions et ne pas me laisser abattre ou submerger par mes émotions.

Ces longs mois où j’ai subi l’ascenseur émotionnel ne sont pas complètement terminés. Mes émotions sont encore à vif et mon corps n’y résiste pas. La seule différence, c’est que je ne lutte plus. Si je dois dormir 12h, je dormirais 12h. J’ai arrêté de me dire que je ne parle plus la même langue que mon corps, j’essaye de le suivre.

 

Gérer ses émotions

Je vous rassure, 80% du temps tout va bien, tout va mieux. Mais les 20% restant sont encore difficiles. Alors oui je sais, vous vous demandez sûrement si je ne suis pas folle de me lancer dans l’entreprenariat maintenant parce que niveau ascenseur émotionnel, ça se pose là. Je me le suis demandé aussi, mais c’est arrivé maintenant, l’idée est là, le marché est prêt maintenant et ne nous attendra pas.

Et je suis prête, je le sens. Au contraire, j’ai besoin d’un projet comme celui là. J’ai envie de retravailler, de porter un projet et je me sens la force de me battre pour que cela fonctionne. Pour les 20%, Nath est là, je le sais et ça m’aide. Et puis, ce temps se réduit petit à petit. J’apprends à gérer mes émotions tout en m’écoutant, je réapprends petit à petit à me faire violence certaines fois -parce que c’est ça aussi la vie, parfois il faut un peu se forcer-.

Je mesure aujourd’hui le chemin parcouru et je vois la lumière au bout du tunnel. Je sais aujourd’hui que je ne m’écoutais pas assez, que je m’épuisais parfois alors que j’aurais dû lâcher prise. J’ai appris beaucoup sur moi-même en 7 mois. Et je suis heureuse aujourd’hui et fière de me dire que je vais mieux et que je vais aller de mieux en mieux.

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11 Comments

  • Merci pour cet article. Je suis émue aux larmes. .. ça nous est arrivé au même moment, on en a déjà un peu parlé sur mon propre blog… je ne me suis pas arrêtée à temps. Alors c’est encore si dur pour moi, j’en suis encore à l’euphorie des moments où ça va mieux et où j’en fais trop et où j’ai l’impression de régresser. Je suis dans un de ces creux là tout de suite et tes mots m’apaisent. Pour l’hypersensibilité, je suis face au même constat, comment j’ai pu gérer toutes ces années, toute ma vie en fait, et là plus moyen, avec l’impression que je n’y arriverai plus. Je pense que ça reviendra, différemment sans doute, mais ça ira. Pour ça aussi il faut du temps. Tu es sur la bonne voie, continue à ton rythme! Je t’envoie tous mes encouragements !

    • Nathlisa dit :

      Oui ça reviendra c’est sûr ! La vie est différente après tout ça. Pour ma part, j’ai l’impression de ne plus ressentir les émotions de la même façon, mais en fait je pense que c’est simplement parce que je m’écoute beaucoup plus. Je fais beaucoup plus attention à ce que je ressens et ça c’est une bonne chose. Toutes ces années, je me suis fait violence pour travailler plus, avancer plus vite… et maintenant je fais attention à moi. Il faut que tu avances à ton rythme et que tu fasses attention à ce que tu ressens même si tu as l’impression que c’est démesuré ou que tu ne sais pas pourquoi tu ressens ça. Ma naturopathe m’a dit que le burnout est un choc, un tremblement de terre pour le corps. Que tout est déréglé d’un coup et qu’il faut du temps pour que le corps reprenne ses repères. Il n’y a pas de remède miracle, simplement de la patience, une bonne alimentation pour l’aider, et surtout ne pas contenir ses émotions même si elles nous paraissent absurdes. Alors du courage, de la patience et du repos. Tu verras tout ira mieux.

  • Elodie dit :

    Bravo pour ton témoignage, si courageux! Et aussi pour ta force, ta détermination ! Je n’en reviens pas par contre que le médecin n’ait pas décelé le burn out… heureusement tu as su t’ecouter à ce moment là…. Pleiiiiiin de belles choses pour la suite 😘😘😘

    • Nathlisa dit :

      Il ne me connaissait pas et ça reste dur à déceler. Et puis, je n’ai peut-être pas suffisamment parlé avec lui. Il aurait peut-être dû me donner un autre rendez-vous à la fin de ma semaine d’arrêt pour voir si j’allais mieux mais de toute façon j’avais déjà pris ma décision. Je remercie mon côté impulsif de m’avoir permis de prendre une décision aussi importante aussi vite.

  • bri_challenge dit :

    Merci pour cet article si intéressant. Les témoignages sont toujours précieux. Il fait écho en moi, je ne suis pas en burnout « officiellement » mais depuis plusieurs mois, mon corps se rappelle régulièrement à moi et me fait comprendre qu’il y a un souci quelque part… sans que je n’arrive pour l’instant à prendre une décision… et je ne saurais laquelle prendre d’ailleurs. Je n’ Pas un boulot à responsabilités comme on dit mais le stress est là, et la vie de maman de famille nombreuse me prend également beaucoup d’énergie. Cette semaine mon corps m’a dit stop justement, alors je me repose, et je réfléchis, on verra bien. Encore merci pour ton article, je suis contente que tu ailles beaucoup mieux 7 mois après et ce n’est pas fini 🙂
    Bises 🙂

    • Nathlisa dit :

      Fais attention à toi, c’est tout ce que je peux te dire. Ne forces pas et réfléchis à ce que tu veux faire. Il n’y a pas besoin d’avoir un boulot à responsabilités pour être stressé. Et puis, l’ennui, le manque de reconnaissance,… peuvent aussi être des facteurs de stress. Ta vie de famille nombreuse doit aussi être un peu stressante ; on s’inquiète toujours pour ses enfants.
      Alors prends le temps et réfléchis à ce qui ne te convient plus. Je te souhaite d’aller mieux et de trouver ta voie.

  • Ton article me touche beaucoup. Je suis un peu passée par là moi aussi, disons que je me dirigeais vers ce burn out et que j’ai stoppé la machine à temps. Je bossais 45h par semaine, moi si habituée aux 35h. J’enchainais les patients comme à l’usine, sans réfléchir, en pilotage automatique. Un peu dérangeant ce manque d’humanité quand on est psy, non ? Mon corps a encaissé pendant un an puis a craqué. J’ai demandé un mi temps ou un départ, je suis donc en mi temps. J’ai traversé des moments de doutes, de remise en question, de honte, de culpabilité, de fragilité. Suis je faite pour mon métier, suis je faible ? … Aujourd’hui, ça va mieux, mais je reste encore sur mes gardes. 🙂
    https://la-parenthese-psy.com/

    • Nathlisa dit :

      Bien joué 😉 Tu as su t’arrêter à temps et t’écouter et ça c’est tout ce qui fait la différence j’en suis sûre. La honte, la culpabilité… je connais bien mais on apprend aussi à se détacher de tout ça et du regard des autres qui nous font ressentir ces choses là. Aujourd’hui, je n’ai plus honte et je ne me sens plus coupable. J’ai travaillé bien plus que certaines personnes. J’ai été résistante et bosseuse, je sais que je peux aujourd’hui m’accorder du temps et vivre comme je l’entends. Travailler comme je l’entends, à mon rythme.

  • Pixie.Dust dit :

    J’ai l’impression de lire ma propre histoire… Actuellement adjointe en parfumerie je gère seule (responsable une fois par semaine… Super !) dans une ville dangereuse et anxiogène que je déteste… Mais c’était ma chance de monter en grade alors que je n’ai pas de diplôme dans ce domaine et que j’aime la parf’. Donc j’ai dis oui sans trop de reflexion, boutique à problème, équipe difficile un vrai challenge. Mais au final que déception, aucun soutien de la part de mon équipe, je me suis retrouvé dans une merde financière impossible car la responsable a refusé que je negocie mon salaire auprès de la RH et quand j’ai demandé une rupture car plud les moyens de venir travailler… Refusée bien sûre. Donc je me retrouve en arrêt pour survivre. J’ai laisser derrière moi une boutique ou elle ne se gère plus qu’à trois sur cinq et me fait limite insulter par certaines de mes collegues. Je suis perdu quand à ce que je doit faire maintenant… Car dans ce milieu tout se sait j’ai peur de me retrouver griller et par la suite de ne plus pouvoir travailler dans ce domaine et il y aussi la culpabilité qui est terrible. Tout mon entourage me dit avoir faire le bon choix… Au fond je pense mais j’ai encore des doutes…

    • Nathlisa dit :

      C’est souvent le même problème dans les magasins. La direction ne se rend pas compte qu’être manager n’est pas donné à tout le monde, et que, quand bien même on a des facilités avec les gens, il faut être formé ! Te jeter comme ça, dans la gueule du loup. Devoir gérer une équipe du jour au lendemain c’est pas terrible ni pour toi, ni pour l’équipe. Gérer une équipe où il y a déjà des difficultés, ce n’est pas un challenge pour une manager junior. Il faut quelqu’un qui a déjà de l’expérience.
      Après ne t’inquiète pas tout ne se sait pas. Et c’est monnaie courante dans le milieu de ne pas partir en bons termes avec son employeur. Par contre il faut jouer franc jeu en entretien et le dire. « Je ne suis pas partie en très bons termes. Nous n’avions pas la même vision du management ». Au moins, s’ils appellent (ce qu’ils font rarement) ils ne sont pas surpris.

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